Qhapaq Ñan et paysages culturels : les missions
Les Missions (2007 - 2010)

. Les pays concernés : nous avons concentré notre travail sur le cœur historique, géographique et patrimonial de ce réseau, au Pérou et au nord de la Bolivie, soit plus de 3000 kilomètres parcourus à pied. Certains tronçons équatoriens ont également été explorés.
. Un espace géographique : le Qhapaq Ñan est le tronçon central andin autour duquel s'articulent des routes secondaires. Par extension, il désigne un réseau de chemins irriguant les Andes, les plaines côtières péruviennes et chiliennes et les contreforts andins de l’Amazonie. Néanmoins, nous avons fait le choix de nous limiter aux Andes, non seulement parce ces montagnes furent le centre des cultures précolombiennes qui l'érigèrent, mais aussi et surtout parce que la vie sociale, économique et culturelle s’y organise encore aujourd'hui en partie autour du Qhapaq Ñan. Dans les plaines côtières, les restes archéologiques des anciens chemins ruraux traversent des régions désertiques et isolées, loin de toute vie rurale, quand les tronçons en Amazonie ont pour la plupart disparus ou sont recouverts de forêt vierge.
Un tronçon transversal étudié dans notre projet intègre néanmoins une grande variété d’écosystèmes, depuis les déserts de la côte Pacifique péruvienne (Lambayeque) aux contreforts de l’Amazonie (Chachapoyas).
Note : la base de données est un outil au service d'une représentation sociale, culturelle et géographique du paysage, centrée sur l'expression des cultures et des sociétés. La classification de l'espace andin suit les "géosystèmes d'Olivier Dollfus" (cf. Sources).
- Trois missions de 4 à 6 mois :
- Février 2007 – Juillet 2007 : 1200 kilomètres parcourus dans les Andes équatoriennes et péruviennes.
- Mai 2008 – Octobre 2008 et Mai 2009 – Septembre 2009 : 3000 kilomètres parcourus dans les Andes péruviennes et boliviennes :
- Traversée Ouest - Est des Andes (dont un tronçon du chemin n’ayant jamais fait l’objet de publication) : Zaña - Cajamarca - Celedín - Leymebamba - Chachapoyas.
- Traversée Nord - Sud des Andes : Cajamarca - Ayacucho - Cusco - La Paz - Paria.
Itinéraires empruntés
Quelques précisions préalables :
- Les sources utilisées pour définir nos itinéraires sont indiquées dans la rubrique correspondante (cf. Sources).
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Ce projet n’a pas vocation à reproduire un itinéraire détaillé et cartographique du Qhapaq Ñan. Il sert ici de fil conducteur à un travail sur l'expression des cultures et des sociétés dans leur paysage (activités humaines, diffusions des cultures matérielles...).
- Le réseau des routes incas n’est plus une réalité géographique continue. Souvent détruit, détérioré, oublié, recomposé, ou modelé selon les usages, il est encore sujet à des controverses et à de nombreuses approximations sur bien des tronçons. En Equateur et en Bolivie, il disparaît sur des portions de territoire de plusieurs centaines de kilomètres. Ces approximations n'ont en aucun cas constitué un obstacle à notre étude, puisque le Qhapaq Ñan n'est pas l'objet direct de notre travail, mais bien un champ d'investigation large autorisant quelques écarts avec la réalité de l'itinéraire. De la même façon, qu'il soit remplacé par une route ou un chemin de fer constitue un intérêt supplémentaire pour notre étude, centrée sur les paysages culturels.
- Les fonds cartographiques dans les pays andins sont très inégaux et sources de nombreuses inexactitudes. Dans le cas du Pérou par exemple, les cartes de l’Instituto geográfico militar nacional les plus précises à disposition du public sont au 1/100 000è et restent relativement datées. Outre un nombre d’imprécisions liées à l’échelle, on a pu constater de nombreuses erreurs et omissions, compte tenu de l’essor récent, ces dix dernières années, de routes et de pistes dans toutes les Andes. L’absence de réactualisation du fond cartographique péruvien n’est pas le seul obstacle. La mémoire populaire des riverains est souvent en contradiction avec les propositions « officielles ».
- L’usage en vigueur veut que l’on décrive les itinéraires le long du Qhapaq Ñan uniquement par la toponymie quechua employée par les Incas. Nous avons fait le choix de nous rattacher, à chaque fois qu’il était possible, à des villes ou des villages existants car ces lieux de vie sont au cœur de l’organisation du territoire andin d’aujourd’hui et des objectifs fixés par notre étude.
1. Tronçons longitudinaux andins nord-sud (Qhapaq Ñan) :
- Cajamarca – Cajabamba – Huamachuco – Mollebamba – Conchucos – Sihuas – Pomabamba – Yauya – Huari – Huanuco Marca – Huaruatambo – Junin – Tarmatambo – Jauja - Ayacucho – Cusco – Puno – Desaguadero (Pérou)
- Desaguadero – Tiahuanaco – Laja – Paria (Bolivie)
- Achupallas – Ingapirca (Cañar, Equateur / Le Qhapaq Ñan est nommé l’Ingañan en Equateur).
2. Tronçons transversaux est-ouest « Pacifique - Andes » (axes secondaires) :
- Zaña - San Miguel - Cajamarca (Lambayeque, Cajamarca, Pérou)
- Chavin de Huantar – Olleros (Ancash, Pérou)
- Tronçons transversaux autour de Cuenca (Paredones de Molleturo, Equateur).
3. Tronçons transversaux ouest-est « Andes – Amazonie » (axes secondaires) :
- Cajamarca – Celendín – Leymebamba – Chachapoyas (Cajamarca, Chachapoyas, Pérou)
- Cordillère de Vilcabamba (Choquequirao - Yanama - Totora), vallée de Quillabamba et environs d'Echarate (Cusco, Pérou)
- Consultez la carte géolocalisée du Qhapaq Ñan.
- Bibliographie : sources et liens.
- La réinvention des routes incas : représentations et construction de la mémoire au Pérou (2001 – 2011)
Article original publié en francais dans la revue de l'université de Paris 10 Nanterre/CNRS, France: Droit et Cultures n°62, “L'homogène et le pluriel, L'exemple de la multiculturalité au Pérou”, Paris, L’Harmattan, 2011/2. Traduction disponible en espagnol (janvier 2012). - Quelle représentation pour les chemins précolombiens ? (Equateur, Pérou, Bolivie, 2007 - 2010). Synopsis de la conférence donnée en espagnol à l'Alliance Française de Lima (Décembre 2010).
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